Le fond de l'affaire


 

Théâtre Le Public, lettre aux spectateurs

Voici la lettre envoyée par le théâtre Le Public à ses spectateurs concernant le budget de la culture

Chères et chers,

Je vous écris pour vous résumer la situation suite à ma Carte blanche parue dans Le Soir le 30 décembre 2016 et à la Manifestation contre le Budget 2017 des Arts de la scène du 16 janvier 2017.

Constatant que le secteur des Arts de la scène et particulièrement le théâtre n’était plus indexé depuis 2008 (soit - 15%, soit - 6.000.000 €), que cette non-indexation paupérisait particulièrement les artistes et, qu’en plus de cette injuste mesure, les théâtres et les compagnies étaient diminués de 1% pour la troisième année consécutive (2015, 2016, 2017) ; constatant également que aucune indexation ou augmentation n’était prévue avant 2019 même si celles-ci pourraient être décidées en 2018, étant en désaccord total avec cette politique culturelle de désinvestissement vis-à-vis de notre secteur, j’ai donc lancé un appel à manifester qui fut par la suite suivi par pratiquement la totalité des associations représentatives (L’ATPS - Association de Techniciens des Arts de la Scène, la CONPEAS - Concertation Permanente des Employeurs des Arts de la Scène, la CPEPAS - Chambre Patronale des Employeurs Permanents des Arts de la Scène, la FACIR – Fédération des Auteurs Compositeurs et Interprètes Réunis, la SACD - Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques et l’UAS - Union des Artistes du Spectacle).

Grâce à cette action commune, les artistes et les citoyens ont pris connaissance de cette triste réalité. La Ministre de la Culture n’a pu que confirmer officiellement le -15% et les trois diminutions de 1%. Et elle s’est engagée à demander au Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles une indexation du secteur dès 2017 lors du réajustement budgétaire.
Au-delà de cela (mais c’est déjà quelque chose) rien n’a été mis en place pour stopper la diminution de l’emploi artistique dans les théâtres et les compagnies.

Nous verrons d’ici peu si la Ministre, comme elle s’y est engagé, obtient ce qu’elle n’a pu obtenir précédemment lors de l’établissement du budget 2017. Mais quoi qu’il en soit, cela ne compensera en rien les 15% de diminution auquel notre secteur doit faire face depuis dix ans.

Par ailleurs, dans un contexte où le budget de la Culture a été augmenté de 3% (8.700.000 €) en 2017, nous devons constater que la diminution de notre secteur est le résultat de choix politiques.
Sinon, comment comprendre que l’on puisse augmenter les uns * sans assurer – au minimum – le maintien des budgets des autres ** ? Sinon, comment comprendre que certaines institutions du secteur ont été augmentées sans respecter le nouveau décret que la Ministre a elle-même fait voter ?

Je souhaitais partager avec vous cette synthèse sur les événements.
Merci pour l’attention que vous portez à ces questions. Merci pour votre soutien.

Amitiés

Michel Kacenelenbogen

Co-Directeur du Théâtre Le Public

* En 2017, augmentations :
1.300.000 € : indexation mécanique pour l’emploi – accords du non-marchand dans le secteur socioculturel
288.000 € : projets européens GAL (Groupes d’action locale - cofinancements en ruralité)
150.000 € : projets pluridisciplinaires (instance d’avis)
150.000 € : musique non classique (instance d’avis)
100.000 € : musique classique (instance d’avis)
50.000 € : cirque – aide aux projets (instance d’avis)
100.000 € : théâtre jeune public (instance d’avis)
100.000 € : architecture
50.000 € : arts culinaires
1.750.000 € : éducation permanente
439.000 € : décret des centres culturels et indexation part emploi
100.000 € : plan lecture
75.000 € : Halles de Schaerbeek (pour une meilleure exploitation)
25.000 € : centre écritures théâtrales
50.000 € : bande dessinée (instance d'avis)
150.000 € : gratuité scolaire dans les musées
420.000 € : musées privés reconnus (instance d’avis)
90.000 € : plan peps patrimoine
603.000 € : centre du cinéma (eurimages, diffusion, indexation)
150.000 € : arts plastiques (instance d’avis)
125.000 € : CEC (décret centres expression et de créativité)
1.000.000 € : Charleroi - Les montants destinés à ces institutions se retrouvent dans les dépenses relatives au domaine culturel, à la création et aux pratiques émergentes et dans celles destinées à l’art contemporain.
1.500.000 € : Mons 2018 sous l’AB 33.08.51

J’insiste : je ne remets pas en cause celles et ceux qui ont reçu ces augmentations, mais je déplore que ces décisions aient pu être prises et donc financées, en grande partie, en diminuant les théâtres et les compagnies (et toutes celles et ceux qui sont soumis au -1%).

** Pour l’année civile 2017, est soumis à une réduction de 1% et est identique au montant octroyé en 2016, le montant des subventions inscrites dans les conventions ou contrat-programmes des opérateurs qui sans être soumis au décret régissant ce secteur, évoluent dans l’un des secteurs suivants :
1 des musées et autres institutions muséales ;
2 professionnel des Arts de la scène ;
3 de l’action associative dans le champ de l’Education permanente ;
4 des centres d’archives privées ;
5 des pratiques de lecture organisé par le réseau public de la lecture et les bibliothèques publiques ;
6 des fédérations de pratiques artistiques en amateur, des fédérations de centres d’expression et de créativité et des centres d’expression et de créativité ;
7 des centres culturels ;
8 des arts plastiques.

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