Le fond de l'affaire


 

Avoir des enfants, est-ce un droit ?

Question saugrenue, pour ne pas dire choquante ? Pas pour tout le monde semble-t-il.
Sous le titre « Faut-il empêcher certaines personnes d'avoir des enfants ? », la RTBF publiait l'article suivant :

C'est le débat posé par le président du sp.a, John Crombez, dans les colonnes de l'hebdomadaire flamand Humo. Le socialiste, tout au long des cinq pages d'interview évoque son parti, les élections, la politique de Theo Francken (qualifiée de "trop soft"). Mais l'entretien débute par une anecdote : il y a 30 ans, via l'école, le petit John Crombez s'est retrouvé face à des enfants pris en charge par les autorités. "Depuis lors, ce monde ne m'a pas quitté. Je m'occupe toujours de jeunes avec des passés lourds" explique l'Ostendais : "Ces six derniers mois, j'ai essayé de donner un coup de main à un centre d'hébergement créé par Saskia Van Nieuwenhove, qui vient en aide à de jeunes prostituées." John Crombez raconte également l'intervention de la police et le sauvetage d'une jeune fille de 15 ans, qui lui avait téléphoné en panique, l'arrestation des proxénètes et les menaces à son encontre qui ont suivi. Le socialiste flamand évoque aussi l'insuffisance étatique dans la gestion de ces cas de prostitution forcée : "On reconnait une société à la façon dont les plus faibles sont traités."

"Ces enfants se retrouvent dans une couveuse et crient de douleur"

Même constat sur la santé mentale : "le système ne fonctionne pas. Les jeunes qui ont besoin d'aide doivent être traités le plus rapidement possible. Mais les agendas sont tellement remplis qu'il faut parfois attendre un an. Alors que les problèmes ne feront que grandir. Même les enfants avec des tendances suicidaires sont sur liste d'attente, même après une tentative de suicide." John Crombez plaide pour un investissement massif dans l'aide à la prévention et la médecine de première ligne.

Le journaliste de Humo, Raf Liekens, évoque les propos de la juge de la jeunesse Inge Claes pour qui certaines personnes seraient inadaptés à devenir parents, un point de vue très fortement critiqué à l'époque. La réponse de John Crombez est sans ambages : "Si l'on écoute les travailleurs qui vous racontent l'histoire de ces bébés nés avec une overdose, transmis par le cordon ombilical, on ne doute plus. Ces enfants se retrouvent dans une couveuse et crient de douleur. Certaines toxicomanes ont mis au monde trois enfants. La société ne peut continuer à accepter cela. Je pense que la protection de l'enfant doit être supérieur au droit à la parentalité. Certaines personnes doivent être empêchées, temporairement, d'avoir des enfants. (...) C'est le moment d'ouvrir le débat." A la VRT, John Crombez précise sa pensée : "Il ne faut pas dire aux gens : 'vous ne pouvez pas avoir d'enfant'. Ma proposition, c'est de dire, dans certaines situations : 'vous n'allez pas bien du tout. Nous proposons de la contraception jusqu'à ce que vous allez mieux'. Si une femme tombe enceinte, on ne dira jamais qu'elle ne pouvait pas. On veut travailler dans la prévention."

Liberté contre responsabilité

Nous avons soumis à Michel Dupuis, le président du comité bioéthique de Belgique, les propos de John Crombez. Pour ce professeur de l'UCLouvain, "il y a un affrontement massif entre deux valeurs cardinales dans la tradition bioéthique : d'un côté l'autonomie des personnes, la liberté d'un projet parental, la liberté d'avoir sa vie sexuelle et affective et puis, en face, la responsabilité envers autrui, par exemple envers un enfant, qui n'a pas demandé à naître et qui a besoin d'attention."

Pour Michel Dupuis, outre les éléments médicaux et économiques que soulèvent ce débat, il y a un aspect politique évident : "Il y a une dimension populiste qui n'échappe à personne. Ce qui est le plus gênant, c'est qu'il s'agit d'un populisme qui a l'air de bon sens, car, effectivement, il touche à quelque chose de vrai. C'est vrai que pour un enfant, c'est mieux d'avoir des parents qui soient en mesure de s'occuper de lui, de façon responsable. Mais ce populisme oublie l'importance de la liberté individuelle."

Mettre ce débat sur la place publique, c'est également, pour le président du comité, ouvrir une boîte de Pandore : "Au niveau d'une société, d'un gouvernement, d'un régime politique, on peut avoir des idées encore plus carrées : si on n'est pas en capacité, en compétence d'autonomie, si on n'a pas le QI qui convient, on n'a pas le droit d'avoir des enfants. On est alors pas si loin de dire que des familles où des parents qui ne seraient pas de la bonne race ou de la bonne nationalité ou de la bonne tranche fiscale, ceux-là n'auraient pas non plus le droit d'avoir des enfants. Il y a là un enjeu tout à fait majeur. Je ne suis pas en train de dire que le projet parental est seulement individuel, qu'il ne concerne pas la société. Tous les projets individuels concernent directement la société. Mais je ne crois pas que la société a le droit de tout dire sur les projets individuels."

Côté francophone, aucun ténor politique ne s'est exprimé sur cette question. En Flandre, mi-décembre, la députée N-VA et présidente du CPAS d'Alost, Sarah Smeyers, évoquait la possibilité d'imposer des contraceptifs aux allocataires sociaux. Le ministre fédéral de l'Intégration sociale, le MR Denis Ducarme, s'était déclaré "scandalisé" par cette proposition. Il n'est pas certain que le débat proposé par John Crombez passe la frontière linguistique.

 source : RTBF - Himad Messoudi avec Baptiste Hupin - Publié le mercredi 23 janvier 2019 à 14h01

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