Le fond de l'affaire


 

Big Brother fait des petits.

En mars 2016, le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (NV-A), avait annoncé son souhait d'enregistrer les empreintes digitales sur les cartes d'identité.

2018 11 12 Lectrr vingerafdruk sur la tombe: "Tombe du soldat inconnu"

"Nous ne serions pas ici aujourd'hui...

...si nous avions eu une empreinte digitale sur la carte d'identité."

Il avait fait cette annonce en quittant Rabat. Avant qu'il n'arrive à Bruxelles, le vice-premier ministre Alexander De Croo, Bart Tommelein, secrétaire d'Etat à la Protection de la Vie Privée, la Commission pour la Protection de la Vie Privée et le Conseil de l'Europe avaient dit tout le mal qu'il fallait penser de cette idée. Si les réactions francophones furent très discrètes, ce fut un tollé dans la presse néerlandophone. Ainsi, Het Laatste Nieuws publiait un article dans lequel il démontait simplement les deux arguments de Jan Jambon :
- La technologie permet de le faire, alors pourquoi s'en priver
- Si on a rien à se reprocher, on a rien à craindre.


Ce à quoi le journal répliquait que ce n'est pas parce que la technologie le permet que c'est utile ou souhaitable. Et puis, la technologie a un coût qui est loin d'être négligeable si l'on veut ficher 11 millions de Belges.
" Et dès lors que tous les étrangers y échappent, qu’ils soient en situation régulière ou non, on est en droit de se demander si le jeu en vaut la chandelle."

Un prélèvement ciblé peut certes s’avérer utile, mais ficher toute la population créerait une ambiance de suspicion généralisée dont les plus innocents seraient les premières victimes. De plus, comment garantir que les empreintes digitales seront utilisées uniquement dans la lutte contre le terrorisme, comme l’entend Jan Jambon actuellement, et qu’elles ne seront pas détournées à d’autres fins, de manière arbitraire et inconsidérée ? »
« « Ceux qui n’ont rien à se reprocher n’ont rien à craindre » : l’éternelle rengaine censée justifier chaque nouvelle mesure de sécurité prise par les pouvoirs publics. […] Ce n’est tout de même pas parce que l’on n’a rien d’illégal à cacher que l’on souhaite tout partager avec les pouvoirs publics. » (source : DaarDaar)

Ce désaveu général (Het Laatste Nieuws y est même allé d'un: « À tenter de s’inspirer de l’État policier qu’est le Maroc, voilà ce qu’on récolte. »), n'a pas arrêté Jambon qui a présenté son projet en commission de la Chambre et cette commission de l'Intérieur l'a approuvé récemment.
D'où la réaction : apparition du mouvement « #Ik weiger » qui fait un tabac, et celle, plus personnelle, du caricaturiste Lectrr : « La seule empreinte digitale qu'ils auront de moi est celle de mon majeur. » Comme dit Le Vif, voila un beau doigt d'honneur aux autorités.

Il reste à consulter les comptes-rendus du parlement pour savoir qui a approuvé ce projet de loi.

12-11-2018

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Maxime

Il n'y a de défaites que celles que l'on a tout seul devant sa glace.

Flaubert