Le fond de l'affaire


 

LafargeHolcim empêtré dans le financement de groupes armés en Syrie, dont Daesh

Le géant franco-suisse des matériaux de construction et cimentier LafargeHolcim a reconnu avoir financé l’État islamique en 2013 et 2014 pour maintenir en activité sa cimenterie à Jalabiya, à 150 kilomètres au nord-est d'Alep.

Selon l'entreprise, la filiale locale de Lafarge a "remis des fonds à des tierces parties afin de trouver des arrangements avec un certain nombre de ces groupes armés, dont des tiers visés par des sanctions". Lisez Etat Islamique. Le but de l'opération aurait été d'assurer la sécurité du personnel et l'approvisionnement de l'usine.
L'entreprise se défend en affirmant qu'il n'a pas été possible d' « établir avec certitude quels étaient les destinataires ultimes des fonds au-delà des tierces parties concernées ».
Le Monde, qui a révélé l'affaire en juin 2016 est plus catégorique : via un intermédiaire, Lafarge a obtenu des laissez-passer pour son personnel aux checkpoints. Il en a été de même pour les camions approvisionnant l'usine. Ces « visas » portent le cachet de l'EI et tout donne à penser qu'ils n'ont été accordés que moyennant paiement. Mais là ne s'arrête pas le financement du groupe terroriste : Lafarge aurait également acheté du pétrole raffiné par l'EI. Et Le Monde insiste : le siège parisien de Lafarge était au courant.
En octobre 2016, le ministère français de l'Economie a porté plainte contre LafargeHolcim pour infractions aux sanctions décidées par l'Union Européenne à l'encontre du régime de Bachar al-Assad à l'interdiction générale de toute relation avec des organisations terroristes. La Justice a ouvert une enquête préliminaire.
Le cimentier fait aussi l'objet de plaintes de la part d'ONG pour financement du terrorisme, complicité de crimes de guerre et crimes contre l'humanité, mise en danger délibérée d'autrui, d'exploitation du travail d'autrui et négligence.
LafargeHolcim admet que des « erreurs de jugement » ont été commises par les dirigeants locaux et a mis en place un comité d'éthique.
Pour le reste, le patron du groupe Eric Olsen est très satsifait de l'année 2016 qui a permis à LafargeHolcim de doubler son bénéfice (1,7Mia€). Ce qui ne l'empêche pas d'être contraint à quitter l'entreprise : « Le groupe suisse l’a annoncé, lundi 24 avril, en même temps qu’il publiait les conclusions très rudes de l’enquête interne menée sur le dossier syrien. Révélée par Le Monde, cette affaire, dans laquelle le groupe a financé l’organisation terroriste Etat islamique (EI) en 2013 et en 2014, a provoqué récemment de violents règlements de comptes chez les dirigeants du cimentier. » (1)
sources :
Trends Tendances - 02/03/17 à 10:28 - Mise à jour à 11:54 (Source: Afp)
(1) Le Monde - http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/04/23/activites-de-lafarge-en-syrie-le-patron-sur-le-point-de-demissionner_5115900_3234.html?xtmc=lafargeholcim&xtcr=1

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