Le fond de l'affaire


 

Que pensent les Français de Macron?

Mathilde Dehimie, journaliste à France Inter, a promené son micro à Mulhouze au lendemain de l'élection de E. Macron. Voici les principaux passages des interviews, extraits du 7-9 de France Inter du mardi 9 mai 2017 (séquence Allons en France)

(source: https://www.franceinter.fr/emissions/le-zoom-de-la-redaction/le-zoom-de-la-redaction-09-mai-2017, durée : 4'30 »)

MD : c'est l'occasion de croiser des gens qui ont voté notamment pour Jean-Luc Mélenchon, qui est arrivé 2e au premier tour avec 17 voix d'écart seulement derrière E. Macron. Qu'ont fait les mélanchonistes ?
X : Moi j'ai été voté contre Marine Le Pen. Oui, j'ai voté E. Macron. J'attends de voir ce qu'il va proposer et je pense qu'on n'a pas fini de batailler.
[...]
Séverin [NDLR : travaille à Bâles, en Suisse, comme 34.000 habitants de la région du Haut-Rhin]: Ils [ses collègues suisses et allemands] vont beaucoup m'en parler parce qu'ils ne le connaisent pas. La campagne a été tournée, de l'étranger, autour de Marine Le Pen, un petit peu autour des affaires Fillon, quoique. On a peut-être oublié de parler de l'essentiel, de ce qu'est un programme de président, quelles sont les orientations d'un président et de ce fait là, eh bien, ils ne le connaissent pas trop, Macron. A part la loi El Khomery ou les cars, qui existent partout en Europe alors qu'en France, on les a appelés « cars Macron » [NDLR : Macron, ministre de l'économie sous Hollande, a supprimé des lignes SNCF pour les remplacer par des cars privés], alors qu'il n'a rien inventé. Il a inventé l'eau tiède, le gars. Et je ne sais pas plus. J'aurais du mal à expliquer à mes collègues [...] qui est E. Macron.
[...]
Julien : Je suis ouvrier à l'usine PSA-Mulhouse. Je suis représentant du personnel. Je n'ai pas de mandat politique mais je milite à Lutte Ouvrière depuis plus de 20 ans. [...] J'ai voté blanc [NDLR : au second tour]. J'avais pas envie de choisir. J'ai beaucoup discuté ces 15 derniers jours sur mon lieu de travail, à PSA, pour essayer d'expliquer que pas une voix d'ouvrier ne devait aller à Le Pen. Ça, c'est un piège mortel car c'est le pire ennemi pour les travailleurs, ce parti. Il prône la division entre nous, et puis finalement, il se range du côté des riches. Je n'ai pas fait campagne pour le vote blanc mais il y a quand même un gros rejet de Macron dans le monde ouvrier et moi même, j'ai été assez surpris parmi mes collègues à quel point le nom de Macron était lié à la loi travail et vraiment lié à tous les reculs imposés par Hollande. Ce qui va compter dans l'avenir, c'est d'être costaud, c'est de défendre nos intérêts en tant que travailleurs.
[...]
Adhérent FN : Je suis un nouvel adhérent. Cette année, j'ai été clairement tellement dégoûté par le tapage médiatique que j'ai décidé d'apporter mon soutien, financier aussi, au mouvement. On explique toujours que le FN, ce sont des gens qui ne comprennent pas, moi, j'ai des études supérieures, je gagne très bien ma vie, je parle 3 langues couramment. Si j'ai décidé de m'engager, c'était moins pour le FN cette fois-ci que contre Macron. C'est ce qu'il représente : un produit manufacturé et marketté pour servir des intérêts qui ne sont pas du tout les nôtres. Moi, j'ai tout à y gagner avec ce type qui est sorti [des urnes]. Je sais que pendant 5 ans, comme tous ceux qui gagnent beaucoup d'argent, je vais pouvoir défiscaliser, m'en mettre plein les fouilles. Voilà, je le sais. Mais, au bout d'un moment, ça sert à quoi de gagner beaucoup d'argent quand tout autour de nous, il y a tout qui tombe par terre ?

Autre séquence du 7-9 de France Inter de hier, mardi 9 mai : Moi, Premier Ministre de Hervé Pauchon (source: https://www.franceinter.fr/emissions/moi-president/moi-president-09-mai-2017)
Gilles a 48 ans, c'est un ex-trader, il est aujourd'hui instituteur à Paris.
[...] Le constat que je ferais est que nous sommes dans une société qui épuise à la fois la nature et les hommes. Alors, mes actions, ce serait sûrement là-dessus, avec un grand plan d'investissements dans les énergies renouvelables, dans l'agriculture biologique. Et puis, concernant les hommes, certainement un partage du temps de travail. Comme disait Bertrand Russell, on a créé un système où c'est la misère pour les uns et le surmenage pour les autres. On pourrait peut-être réfléchir à trouver un moyen de partager pour un meilleur équilibre pour les uns et les autres.
[...]
J'investirais évidemment beaucoup dans l'éducation. C'est l'avenir. Il faut juste aller chercher l'argent là où il est, c'est-à-dire dans les paradis fiscaux, retaxer la vraie grande richesse parce qu'aujourd'hui, plus on est riche, moins on paie. A partir d'un certain point cela pose un vrai gros problème et cela fait beaucoup moins d'argent dans les caisses. Avec ça, on pourrait financer beaucoup de choses, y compris aussi, et ça, c'est un dernier point purement économique, baisser les impôts pour les PME parce que c'est elles qui créent l'emploi.
HP : Vous êtes un ancien trader, Monsieur le Premier Ministre. C'est un atout ?
G : Sur le plan de la connaissance de l'économie, oui, sans doute, puisqu'on dit qu'elle dirige tout. Comme disait Kennedy, on mesure tout avec le PIB, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue.
HP : L'idée d'être le premier ministre du Président Macron, ça vous va ?
G : Heu, je peux m'abstenir. C'est juste que j'ai un droit de réserve en tant qu'instituteur.

Mais qui est-il ?
Si vous voulez vraiment en savoir plus sur Macron, voici ce que nous apprend Wikipédia.
« Emmanuel Macron, né le 21 décembre 1977 à Amiens, est un haut fonctionnaire, banquier d'affaires et homme d'État français. Le 7 mai 2017, il est élu président de la République française.
Diplômé de l'ENA en 2004, il devient inspecteur des finances avant de commencer en 2008 une carrière de banquier d'affaires chez Rothschild & ie [NDLR : comme Pompidou]. Membre du Parti socialiste entre 2006 et 2009, il est nommé secrétaire général adjoint au cabinet du président de la République française auprès de François Hollande en 2012 puis ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique en 2014 dans le gouvernement Manuel Valls II.
En avril 2016, il fonde son mouvement politique, baptisé En marche !, et démissionne quatre mois plus tard de ses fonctions de ministre. »
« En septembre 2008, il se met en disponibilité de la fonction publique et devient banquier d'affaires chez Rothschild & ie [NDLR : propriétaire du quotidien Libération (1)]. Recruté [...] sur recommandation de Jacques Attali [...], il indique que l'échec de son militantisme local, et l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, l'ont poussé vers cette activité. »

« En 2010, Emmanuel Macron offre son aide bénévole à la « Société des rédacteurs du Monde » (SRM), dans le contexte de la revente du journal Le Monde. Mais il est aussi en relation secrète avec Alain Minc [NDLR : conseiller du président Sarkozy] qui soutient une offre Perdriel-Prisa-Orange, et alors que cette offre paraissait à la SRM « particulièrement dangereuse ». [C'est finalement le trio Bergé – Pigasse (1) – Niel (2) qui l'emporte.]
Fin 2010, il est promu associé au sein de la banque Rothschild et, deux ans plus tard, il est nommé gérant. »

En tant que secrétaire général adjoint de la présidence de la République et membre de l'ancienne cellule économique de l'Élysée, il propose d'allonger le temps de travail à 37 heures, de maintenir la défiscalisation des heures supplémentaires . «Emmanuel Macron est notamment l'un des artisans, voire à l'origine du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi [NDLR : réductions fiscales pour les entreprises afin d'abaisser le coût du travail] et du pacte de responsabilité et de solidarité [NDLR : nouvelles réductions fiscales pour les entreprises en échange de créations d'emploi qui n'ont jamais été réalisées]. [...] Il contribue par ailleurs au choix de l'Élysée de ne pas légiférer sur les salaires des patrons et de privilégier un code de bonne conduite. »
source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel_Macron

Notes :
(1)
« En 2005, Matthieu Pigasse organise la vente de Libération à Édouard de Rothschild. En 2007, il tente, dans le sillage d'Alain Minc, de s'emparer, sans succès, de la présidence du conseil de surveillance du Monde. » Il réussira 3 ans plus tard: « En juin 2010, il prend le contrôle, avec Pierre Bergé et Xavier Niel du quotidien Le Monde, malgré l'opposition de Nicolas Sarkozy. Le même trio, via leur holding Le Monde Libre (LML), acquiert en 2014 65% du Nouvel Observateur » . Matthieu Pigasse a aussi été consiller dans les cabinets de Laurent Fabius et Dominique Strauss-Khann.
(source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Matthieu_Pigasse]

(2)
Xavier Niel « teste le potentiel du Minitel dès 1983, alors qu'il est lycéen et se spécialise dès 1984 en créant des services de Minitel rose, puis en investissant dans des peep-shows et des sex-shops. En 1987, il arrête sa classe préparatoire scientifique pour se lancer à plein temps dans une entreprise de services pornographiques par Minitel en collaboration avec Fernand Develter, un ancien fondé de pouvoir à la Société générale reconverti dans les serveurs érotiques de l'époque « 3615 » et les sex-shops, ces derniers lui rapportant plusieurs milliers d'euros par mois en liquide. Il rachète pour cela une licence de presse afin de pouvoir devenir éditeur de service, détournant celle-ci afin de mettre en place ses services commerciaux. Par ce truchement, il devient millionnaire en euros à 24 ans
(source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Xavier_Niel)

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