Le fond de l'affaire


 

Espagne : Nouvelle faillite bancaire

En juin dernier, la Commission européenne était très fière de pouvoir annoncer la solution mise en œuvre suite à la déconfiture de la banque espagnole Banco Popular, écrasée par des pertes de 3,5Mia€ en 2016. Elle a été vendue pour un Euro symbolique à son principal concurrent, Banco Santander. Les pouvoirs publics n'ont pas dépensé un Euro dans cette opération.

Les pertes abyssales de Banco Popular ont été épongées par les actionnaires qui y ont tout perdu, et par une partie des créanciers, ceux qui avaient pris le risque de prêter au taux très élevé de 8 %, contre-partie du risque qu'ils savaient prendre.
Les nouvelles règles européennes de gestion des crises financières ont donc bien fonctionné et la Commission en est très fière. On la comprend.
Sauf que :
- Banco Popular était une petite banque, la sixième en Espagne, en rien comparable avec une banque systémique. Si l’État et la Commission ne mettraient certainement pas un Euro pour sauver Triodos, il est moins sûr que l'attitude soit la même pour Belfius.
- Banco Popular avait sans aucune difficulté atteint et même dépassé le niveau de capital que le régulateur européen lui avait fixé en 2016. Elle avait, de même, satisfait les « stress tests » que l'on nous a vendu comme système infaillible pour détecter à temps les banques en situation dangereuse.
- Avec ce rachat, Santander est encore plus grosse, donc plus systémique.

source : « Comment transformer une faillite en triomphe ! », Christian Chavagneux, AE n°370, p22

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