Le fond de l'affaire


 

France : Macron annonce la couleur, le patronat se réjouit.

Le programme de Macron (initiateur de la révision du code du travail, loi El Khomri) est clair : assouplir les règles de licenciement et améliorer l'assurance chômage et la formation, en s'inspirant du modèle danois de flexisécurité.


"Notre marché du travail est trop rigide, on est au bord du mur, il faut maintenant le franchir: ça veut dire développer une flexisécurité à la française" a expliqué P. Gattaz, le président du MEDEF (équivalent de la FEB). Un économiste (Stéphane Carcillo, prof. à Science-Po) trouve le projet intéressant car il vise à protéger « non pas les emplois mais les personnes, en faisant en sorte qu'elles puissent retrouver un emploi quand elles le perdent ».
Le projet comprend trois volets :
Flexibilisation du marché du travail,
Ensuite, développement du volet sécurité : l'assurance chômage sera étendue aux indépendants et aux démissionnaires moyennant un contrôle accru de la recherche d'emploi mais il ne semble pas être question d'améliorer l'indemnisation du chômage (montant revalorisé et durée allongée) pour les travailleurs salariés;
Et enfin, formation d'un million chômeurs, grâce à un budget de 15 Mia€. Une fois formé, ce million de chômeurs trouvera-t-il un million d'emplois vacants ?
Toujours selon S. Carcillo, faciliter les licenciement permettrait de diminuer le nombre d'emplois précaires (CDD, intérim..). Comment ? En rendant tous le monde plus ou moins précaire, la précarité deviendra la norme et un emploi, aujourd'hui précaire ne le sera plus demain : il sera simplement normal.
C'est un peu l'analyse de Patrick Artus, chef économiste chez Natixis : "Si la flexisécurité a marché dans les pays nordiques, c'est parce que les systèmes de formation sont performants et que l'économie monte en gamme. Mais la France ne réunit aucune de ces trois conditions. Où est le nouveau travail pour les salariés de Whirlpool sans formation? Qui crée des emplois haut de gamme à Amiens ? Une fois qu'on aura opéré la transition, ce sera mieux. Mais la montée en gamme de l'économie prenant du temps, il faut prévenir les Français qu'on aura d'abord les effets désagréables, avec une montée du chômage et une rotation vers des emplois bas de gamme".
Et puis, comme le fait très justement remarquer Anne Eydoux des Economistes Atterrés, les politiques de « flexibilisation » des travailleurs ont commencé dans les années 1980. Cela a-t-il amélioré la situation ? Y a-t-il plus d'emplois ? Moins de précarité chez les femmes et les jeunes ? "Si les entreprises n'embauchent pas suffisamment, c'est faute de la demande. Les salaires stagnent, or, l’activité et la croissance économique dépendent des salaires. Ça n'est pas en précarisant davantage les salariés qu'on remplira les carnets de commande des entreprises"
source : https://www.rtbf.be/info/economie/detail_quinquennat-social-d-emmanuel-macron-flexisecurite-au-programme?id=9610028 RTBF avec AFP Publié le vendredi 19 mai 2017 à 09h54

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Maxime

Un mari un peu volage, le  lendemain de son mariage, tua sa femme à son réveil. Moralité: la nuit porte conseil.

Alphonse Allais