Le fond de l'affaire


 

TINA ? Vraiment ? Le Portugal prouve le contraire.

Depuis octobre 2015, une majorité composée de socialistes, de communistes, de la gauche radicale et des Verts, mène une politique qui, sans être révolutionnaire, tourne le dos au tout austérité prôné par la Commission européenne. Et ça marche.


Bien sûr, il faut nuancer, et Patrick Feltesse l’explique très bien, mais il n’en demeure pas moins que les résultats sont encourageants.
La croissance économique est supérieure à celle de la zone Euro grâce à une reprise des exportations et une relance de la consommation par une augmentation du pouvoir d’achat profitant surtout aux bas revenus.
La reprise des exportations est imputable principalement à deux éléments :
1. Le renouveau des secteurs traditionnels (agroalimentaire, textile, confection, chaussure) basé, surtout pour les secteurs liés à la mode, sur des progrès technologiques significatifs. Ainsi, le textile et la confection ont vu des entreprises relocaliser leurs activités au Portugal, pariant sur la qualité de la main d’oeuvre nécessaire à la mise en œuvre d’innovations technologiques permettant de produire des textiles spéciaux ou du quasi sur-mesure (confection en très petites quantités, donc aisément adaptables aux variations de la demande).
2. Le boom du tourisme : 20 % de croissance depuis 2010.

Première conséquence : le chômage a reculé de 13 % en 2013 à un peu moins de 7 % cette année. Il faut dire aussi que cette amélioration n’est pas seulement due à la création d’emploi : l’émigration, même si elle est en nette diminution, reste significative.
Deuxième conséquence : le pourcentage du déficit public par rapport au PIB a été divisé par 2,5. Ce résultat est atteint grâce à une stagnation des dépenses publiques hors investissements et une hausse des recettes fiscales elle-même conséquence de la croissance économique mais aussi de la hausse certains impôts, notamment sur l’immobilier et les sociétés. Tout cela permet une diminution de l’endettement ramené de 150 % à 126 % du PIB et donc, forcément une baisse des charges de la dette.
Troisième conséquence : la population a repris confiance dans l’avenir. Et ce résultat-ci est peut-être plus important que l’amélioration des chiffres économiques. Pourtant, le gouvernement portugais n’a pas pris de mesures sociales révolutionnaires mais il a su imposer rapidement des changements de cap à forte portée symbolique comme l’arrêt des privatisations. Et, surtout, il a ciblé ses mesures sur le bas de l’échelle des revenus, obtenant ainsi un impact maximum en termes de consommation et de croissance.
Quelques exemples : revalorisation du salaire minimum passant de 485€ en 2014 à 580€ en 2018 (avec, pour les employeurs, réduction des cotisations sociales de 1%) ; réduction de la fiscalité sur les bas salaires ; hausse des allocations familiales, des petites retraites et autres allocations sociales que la droite avait diminué.
Si vous voulez avoir une vue plus complète de cette politique portugaise, l’article de Patrick Feltesse vaut la peine d’être lu.
source : Le Portugal surfe en douce hors de la crise, Patrick Feltesse, in Démocratie, n°11 novembre 2018 (mensuel publié par le MOC-CIEP)

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Maxime

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