Le fond de l'affaire


 

Marche pour le climat: "Le mouvement est maintenant inarrêtable" selon Greenpeace

Vous avez vu le temps qu'il faisait dimanche? Il fallait être motivé pour sortir. Et pourtant, selon la police, ils étaient 70.000 à marcher. Donc plus nombreux que lors de la précédente manifestation.

Et d'après Juliette Boulet, porte-parole francophone de Greenpeace Belgique. "Ça ne s’arrêtera plus tant qu’on n’aura pas des politiques fortes qui seront mises en place, expliquait-elle dans Matin Première. Je pense que les gens ont pris conscience des conséquences directes du réchauffement planétaire après la vague de chaleur du mois de juillet et du mois d’août, mais ils se sont aussi mis en mouvement face à la cruelle inaction politique." 
Pour Greenpeace, les réponses politiques sont loin d'être à la hauteur, que ce soit de la part de la ministre fédérale de l'Environnement, Marie Christine Marghem, ou du président de la N-VA Bart de Wever, qui a taxé de sectaire le mouvement des jeunes manifestants pour le climat. Un qualificatif que rejette en bloc Juliette Boulet : "Nous faisons référence à des faits scientifiques. Il n’y a donc pas de dogme, il n’y a pas de volonté de catastrophisme, il y a une urgence climatique qui est réelle, précise-t-elle. Donc, si lui [Bart De Wever] est climatosceptique et n’a pas envie de faire face à cette réalité, il le fera tout seul."
[...]
L'Europe aussi a sa part de responsabilité, selon Greenpeace. "Il faut donc des actes politiques et des politiques structurelles qui vont changer durablement les choses, tant au niveau européen qu’au niveau fédéral et qu’au niveau régional, explique Juliette Boulet. Il faut augmenter la part du renouvelable sur le réseau électrique au niveau européen, il faut augmenter la possibilité d’améliorer l’efficacité énergétique dans tous les pays, et pour cela aussi, il faut accroître les objectifs que l’Union européenne se fixe globalement."
Aujourd'hui, le mouvement paraît jeune et sympathique, mais il est surtout déterminé, selon Juliette Boulet. "Il est fait d’humour à la belge, mais il est aussi fait de convictions", rappelle-t-elle. De quoi attendre une radicalisation si rien ne bouge ? "Il y a un risque d'impatience, précise la porte-parole. Parce que le GIEC est clair, il dit qu’il reste 12 ans pour faire face au caractère irréversible du changement climatique. On peut donc encore inverser la tendance. Mais si la classe politique n’apporte pas les bonnes réponses, bien sûr le mouvement va s’impatienter." 
[...]
Un rapport d’une quarantaine d’experts paru récemment dans la revue médicale britannique The Lancet estime que le système de production alimentaire, les politiques agricoles, les modes de transports et l’urbanisation sont différents maillons d’une même chaîne qui étrangle l’humanité et la planète. Juliette Boulet approuve ce raisonnement : "On ne va pas mettre en place une transition écologique sans une transition juste pour tout le monde, mais il faut aussi reconnaître la part de tous les secteurs là-dedans, estime-t-elle. C’est aussi pour ça qu’on mène une campagne pour une autre agriculture, contre l’agriculture intensive, et en général c’est du win win. Ça fait du bien à notre santé, ça fait du bien à notre portefeuille, ça fait du bien aussi aux agriculteurs qui travaillent parfois dans des conditions extrêmement difficiles, face à une agro-industrie qui se permet tout, à un lobby hyper puissant." Pour elle, le lobby de l'agro-industrie et celui de l'automobile sont tous deux à combattre.
[...] Reste à convaincre la classe politique, qui selon Juliette Boulet est "la seule à ne pas avoir compris cela."

 

source : RTBF La Première - Publié le lundi 28 janvier 2019 à 11h16

 

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