Le fond de l'affaire


 

Glyphosate : le Parlement européen a été trompé

Fin 2017, l'Union européenne a accordé une prolongation de l'autorisation du glyphosate sur base d'un rapport rédigé à 70 % par Monsanto mais présenté sous le nom de l’Institut fédéral d’évaluation des risques allemands (BfR, Bundesinstitut fur Risikobewertung).

Le rapport d’évaluation du glyphosate, document utilisé pour autoriser à nouveau le puissant herbicide fin 2017 au niveau européen, est un plagiat. C’est l’Institut fédéral d’évaluation des risques allemands (BfR), mandaté par l’Union européenne pour produire ce rapport, qui a recopié mot pour mot près de 70% d’un document produit par Monsanto, entre autres. Une nouvelle preuve de la proximité entre les géants de l’industrie agro-alimentaire et l’Union européenne.

C’est un rapport commandé par les députés européens et déposé ce mardi 15 janvier qui l’a révélé : le texte qui a permis d'autoriser à nouveau ce pesticide, si décrié en 2017, a été en grande partie recopié. Selon l’étude, les chapitres-clés de l’évaluation scientifique produite par l’Institut fédéral d’évaluation des risques allemands (Bundesinstitut fur Risikobewertung, ou BfR) sont le fruit de plagiat à 50% et de copiés-collés à 70%.

C’est l’historien et spécialiste du plagiat autrichien Stefan Weber et le biochimiste Helmut Burtscher-Schaden qui ont produit ce nouveau rapport, avec le soutien de l’ONG Global 2000. Une étude qui a ensuite été passée au peigne fin par des experts en plagiat scientifique avant sa publication aujourd’hui. Selon cette expertise, "il est clair que l’adoption par le BfR, sans recul critique, d’informations biaisées, incorrectes ou incomplètes fournies par les fabricants [de glyphosate] a influencé la base même de son évaluation" des risques liés à ce produit.
L’impact sur l’environnement évalué correctement, pas celui sur la santé

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Le problème, c’est que c’est sur base de ce document produit par l’institut allemand que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et les experts des Etats membres ont décidé d’autoriser à nouveau cet herbicide, pourtant largement décrié. Les experts européens avaient même statué sur le fait que le glyphosate ne posait pas de danger cancérogène malgré des conclusions contraires du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) en 2015.

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Extraits de l'article « Le glyphosate autorisé en 2017 sur base d'un rapport de Monsanto », © PHILIPPE HUGUEN – AFP publié par la RTBF

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Etait-ce prudent de confier à un institut allemand, fut-il public, le soin d'éclairer la lanterne des décideurs alors que Baeyer vient de racheter Monsanto ?
Ne serait-il pas temps d'investir correctement dans la recherche publique pour éviter de n'avoir que les multinationales comme seule source d'évaluation scientifique ? (17-01-2019)

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