Le fond de l'affaire


 

Implant Files

Dans le cadre de la dernière enquête du Consortium international d'investigation, France Inter publie sur son site une analyse intéressante des pratiques en matière d'implants.
C'est en toute légalité que des industriels mettent sur le marché des implants qui n'ont même pas été testés. Pour commercialiser un produits, il suffit d'introduire un dossier auprès d'un organisme de certification. En France, « dans 96 % des cas, ce dernier ne demande même pas à voir le produit. » Les conséquences d'un tel système : 1.700.000 blessés et 80.000 décès par an dans le monde.


Cette situation est la conséquence de quatre faillites.
1. le législateur européen considère les implants comme des marchandises (!), et non des produits de santé
2. les régulateurs nationaux ne disposent pas des instruments de mesure nécessaires pour évaluer les risques et, surtout, ils ne font pas preuve de beaucoup de volonté pour intervenir.
3. Les médecins trop souvent davantage soucieux de leur éclat dans la communauté médicale que de l'efficacité de l'implant.
4. Le gouvernement plus sensible aux pressions des lobbies qu'à l'intérêt des patients.

L'article pointe aussi les dérives commerciales qui permettent à des multinationales d'équiper « gratuitement » une salle d'opération. Après, l'hôpital sera évidemment convaincu de l'intérêt médical de placer des prothèses et autres implants à tour de bras.
Autre aspect, à la décharge des médecins cette fois : les progrès technologiques dans le domaine des implants. Tout le monde s'en réjouit, avec raison, mais il y a un revers à la médaille : le médecin est de plus en plus dépendant du technico-commercial dans le réglage de l'implant. Il n'est donc plus en mesure d'évaluer correctement les avantages et les risques pour le patient puisqu'il ne maîtrise pas entièrement la technologie qu'il implante.

26/11/2018

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voir aussi:

RTBF: Implant files": 80.000 morts chaque année à cause des implants

RTBF: Implant files: Absence de données, praticiens et patients dans le flou, une experte dénonce

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Maxime

Redouter l'ironie, c'est craindre la raison.