Le fond de l'affaire


 

Malaria, bis

Lecteur attentif et assidu du site, vous vous souvenez certainement de l'article « Malaria Business » dans lequel l'industrie pharmaceutique et l'OMS étaient pointés du doigt. Eh bien, nous avons un nouvel exemple.

Un organisme américain, Target Malaria, issu de la Slicone Valley, a réussi à convaincre le gouvernement burkinabé de tester une nouvelle méthode de lutte contre la malaria. Non ! Pas l'artemisia annua qui fait ses preuves depuis deux millénaires au moins, qui est très bon marché, sans risque pour la santé humaine contrairement aux médicaments, sans risque pour l'environnement puisque celui-ci n'est pas affecté (pas d'insecticide, ...) mais qui a le défaut majeur de ne pas générer de profit pour l'industrie.

Non, dans la Silicone Valley, on a trouvé un moyen plus efficace : le moustique transgénique.
Le principe est simple : lâcher dans les zones touchées par le paludisme des moustiques mâles génétiquement modifiés. Les femelles qui s'accoupleront avec ces mâles pondront des œufs qui n'arriveront jamais à maturité. Plus de moustique, plus de paludisme. Génial, non ? L'oeuf de Colomb en quelque sorte.
Il ne reste plus qu'à tester l'idée. Le Burkina a été choisi et l'« ong sans but lucratif » Target Malaria a su convaincre le gouvernement et une partie de la population (qui recevra une somme d'argent en échange de sa participation). Tout roule. Génial.

Sauf que tout le monde, au Burkina et ailleurs n'est pas convaincu par l'idée. Ainsi, le Collectif citoyen pour l’agro-écologie, regroupant une soixantaine d'organisations, considère, comme l'explique Ali Tapsoba, coordonnateur du Collectif, que "le lâcher des moustiques génétiquement modifiés comporte un risque de catastrophe sanitaire effroyable. La modification du génome d'une espèce vivante peut entraîner un changement de comportement de cette espèce. La technologie à laquelle Target Malaria veut in fine arriver est un forçage génétique qui va amener les moustiques à disséminer un trait de caractère qui va descendre et contaminer toute la descendance de l'espèce. Cela est dangereux parce que l'organisme du moustique pourrait héberger d'autres types de maladies, d'autres types de résistance par rapport au paludisme".
Et puis, la méthode de mise en œuvre prévue par Target Malria, ong « caritative » est pour le moins violente : des jeunes doivent (contre rétribution évidemment) se laisser piquer – et donc se laisser infecter par le virus de la malaria – pour pouvoir capturer les moustiques à l'aide de tubes.
Et le Collectif citoyen de conclure : "Les populations ignorent l'enjeu de ce projet et ses conséquences, alors que d'autres mêmes ignorent la présence d'un tel projet dans leurs localités".

source: RTBF, 30-10-2018 - https://www.rtbf.be/info/societe/detail_controverse-autour-de-moustiques-ogm-contre-le-paludisme-au-burkina?id=10053847

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Maxime

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