Le fond de l'affaire


 

A votre santé : additifs alimentaires et pesticides

L'équivalent français de Test Achats, l'UFC Que Choisir a passé au crible plus de 300 additifs alimentaires autorisés. Le bilan est inquiétant.
Se basant sur des travaux de l'Agence européenne de sécurité des aliments (AESA), l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l'UFC Que Choisir est arrivée à la conclusion que, sur plus de 300 additifs autorisés, 87 sont à éviter. (Voir : Le Vif, 23-10-2018)


"L'exposition quotidienne pendant des années à ces molécules accroît encore les risques. Or ils sont massivement utilisés dans les produits alimentaires industriels, y compris ceux de grandes marques", dixit l'UFC.
Quelques exemples :
Sont cancérogènes, les nitrites et nitrates présents dans le jambon (E249, E250, E251, E252) ou le sulfite d'ammonium (E150c, E150d) très utilisé dans les caramels.
Dans un autre registre, les colorants azoïques (E102, E104, E110, E122, E124, E129) présents dans les confiseries risquent de rendre les enfants hyperactifs.
Et de citer à titre d'exemple les bonbons Jelly Belly, les nouilles Yum-Yum saveur poulet grillé, les chewing-gum "Airwaves menthol extrême sans sucre", ...


L'organisation met aussi directement en cause la Commission européenne qu'elle accuse de "laxisme" lors de l'évaluation de ces substances, évaluation qui "consiste généralement en une simple relecture d'études fournies par les fabricants d'additifs eux-mêmes".
L'organisme de défense des consommateurs demande dès lors aux autorités européennes "de mettre en oeuvre une évaluation réellement indépendante de la dangerosité des additifs, à partir d'études financées par un fonds abondé par les fabricants" et appelle le législateur "à interdire les 87 additifs reconnus à risque par nos experts, sur la base d'études scientifiques".
Ce à quoi les fabricants répondent : "La vérité sur les additifs? c'est aux autorités scientifiques et aux pouvoirs publics de la donner et pas à un magazine grand public" (communiqué de l'Association nationale française des industries alimentaires, Ania), et l'Ania d'ajouter que ces ingrédients "ne sont pas dangereux", mais permettent "de garantir la qualité sanitaire et la bonne stabilité des produits". "Ils ont été été évalués par les agences sanitaires et ont fait la preuve de leur innocuité. Ils sont autorisés par les pouvoirs publics".

Argumentation connue, utilisée par les cigarettiers dans les années '50 et '60 quand sont apparues les premières études dénonçant la nocivité du tabagisme. C'est la même argumentation qu'utilise Monsanto pour le Round-Up et associés. Dommage pour Monsanto que la Justice américaine ne croit pas en ces fariboles : elle vient de condamner Monsanto à payer des dommages et intérêts à un jardinier atteint du cancer. « Selon ce jugement, qui avait déjà fait chuter Bayer en Bourse, les désherbants grand public Roundup et professionnel RangerPro ont "considérablement" contribué au cancer du requérant Dewayne Johnson, 46 ans, un jardinier en phase terminale. » (Trends-Tendance, 23-10-2018)


Et dans le même temps, on apprend que la Commission européenne estime que la Région de Bruxelles-Capitale n'a pas le droit d'interdire le glyphosate (RTBF 23-10-2018). La Région a pris cette décision en se basant sur l'absence de consensus scientifique sur la nocivité du produit. Et la Commission considère par contre que le "principe de précaution" est une considération trop abstraite pour justifier l'interdiction de l'herbicide. Elle oppose à la Région une liste d'avis d'experts pour lesquels "il n'existe pas de justification pour une classification du glyphosate comme cancérigène". Sans préciser toutefois qui finance ces experts.


Et pendant ce temps, des enfants naissent avec des malformations des membres supérieurs dans plusieurs campagnes françaises. « L’anomalie ne serait pas génétique, pas liée non plus à des prises de médicaments, ou de drogue. Le point commun de ces familles, c’est qu’elles vivent toutes en zone rurale, à proximité de champs de maïs et de tournesol. Du coup, les écologistes dénoncent les pesticides. Emmanuelle Amar, une épidémiologiste qui a dénoncé l’affaire, vient d’être licenciée, pour raisons économiques. La mise à l’écart de la lanceuse d’alerte scandalise certains observateurs qui accusent les pouvoirs publics de vouloir "étouffer" ce nouveau scandale sanitaire. » (RTBF 22-10-2018) et 30-10-2018 )

Et si le problème de l'Europe était tout simplement la Commission européenne qui se révèle tous les jours n'être finalement que le bras législatif et réglementaire des lobbies industriels et financiers?

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Maxime

Les Etats-Unis sont passé de la barbarie à la décadence sans connaître la civilisation.

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Faut-il taxer les pollueurs? (France-Inter, Guillaume Meurisse, 07/11/2018)
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