Le fond de l'affaire


 

Que faire couverture  QUE FAIRE !
    Erik RYDBERG, editions Couleur livres – Gresea, 2017, 80p.

    « ...C'est à la discussion et au débat que ce livre invite, une discussion de nos présupposés, surtout. »


    C'est exactement de cela qu'il s'agit dans ce livre. N'y cherchez pas de solutions toute faites mais  seulement des coups de projecteur, des doigts pointés vers nos habitudes, nos conventions, nos idées qui sont devenues des postulats à ce point répandus qu'on ne les voit même plus.

Erik RYDBERG débusque ces idées toute faites et les regroupe en 8 thèmes différents comme le langage, la planification urbaine, la scène internationale, le religieux ou l'histoire.

Voic quelques exemples du « prêt à penser » dont parlait Mateo Alaluf.
Le langage définit le cadre de notre réflexion. Accepter certains mots et en refuser d'autres oriente la réflexion. Avez-vous remarqué que l'on parle toujours de dépenses de santé mais de production automobile ? Or, réduire une dépense a une connotation positive, comme augmenter la production... ou moderniser. Modernisation par des réformes auxquelles s'opposent les travailleurs et leurs organisations, « crispés sur la défense de droits acquis ». En apparence plus anecdotiques mais participant au même phénomènes, les changements de noms pour une même réalité : il n'y a plus de clochards mais des SDF, des « sans domicile fixe » ; comme les bateliers, les forains, ...
Parfois, ces changements de nom ont un changement de réalité : la RTT a disparu au profit de Belgacom puis Proximus, la Poste a été remplacée par bpost, l'Office National de l'Emploi(ONEM) a cédé sa place à Actiris. A chaque fois, le service n'est plus le même. A chaque fois aussi, c'est une partie de notre mémoire qui s'efface.

L'urbanisme n'échappe pas à ce prêt à penser insidieux : « Partout, à la ville comme à la campagne, les paysages sont redessinés afin d'éliminer tout imprévu, l'inattendu, le non domestiqué, l'échappée de lumière, les vieilles pierres du passé, les mauvaises herbes, la possibilité même d'un choix. »

Autre sujet d'étonnement de E. Rydberg : le peu d'intérêt des organisations syndicales pour l'international, en dehors de mobilisations ponctuelles contre de grands traités de libre-échange (CETA, TTIP, ...). Or, ce niveau conditionne bien des choix. Il est un aspect que l'on ne trouve que ponctuellement dans la presse économique mais qui est pourtant essentiel : du fait de l'intégration des pays de l'ex-bloc soviétique, de l'Inde et, plus récemment, de la Chine dans l'économie mondiale, le nombre de travailleurs insérés dans une économie capitaliste a doublé ! Le capital, lui, n'a guère augmenté. Il s'est plutôt délocalisé. Du coup, les travailleurs sont mis en concurrence et les grandes multinationales menacent les Etats et leur pouvoir. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : démanteler l’État, obstacle aux bonnes affaires, par la privatisation [NDLR : y compris la Justice – voir le CETA – ou même le Registre National – dernier projet du ministre Jan Jambon], ou par la guerre (Yougoslavie, Irak, Syrie, ...).

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