Le fond de l'affaire


 

GIAL: un autre scandale de la Ville de Bruxelles

Voici un petit historique du dossier du scandale GIAL pour avoir une idée de quoi il retourne

 :

1993 : Création de l'ASBL « CENTRE DE GESTION INFORMATIQUE DES ADMINISTRATIONS LOCALES, EN ABREGE : GIAL  ASBL
2000 : GIAL passe un contrat de consultance avec la sprl Altera Via dont le gérant est Michel Leroy. Ce dernier devient directeur du développement de GIAL tout en restant sous contrat de consultance au prix indexé de 875€ hors TVA par jour. En 18 ans, il empochera 3Mio€ (3). Sans appel d'offres.
2005 : Un commissaire réviseur met en évidence un déficit de 3,5 millions€ (20% du chiffre d'affaires) dont il ne peut retracer l'origine (1).
Un rapport du bourgmestre d'Ixelles met en évidence des transactions douteuses pour plus de 1 million€ (ordinateurs payés par la zone de police mais jamais livrés ; 400.000€ facturés à la zone police et qui ont servi à … louer un appartement à Paris, …) (1)
2006 : l'audit demandé par le Collège de Bruxelles-Ville fait état de mauvaise gestion dans le chef de la société Fourwin, dont GIAL est le seul actionnaire. Cette mauvaise gestion a conduit à un déficit cumulé de 2,15millions€ . L'administrateur-délégué et le secrétaire général de GIAL sont licenciés (1)
L'audit relève également que ces deux dirigeants ont commercialisé en Belgique et au Luxembourg, via une société commerciale SP Expert France dont ils faisaient partie des dirigeants, une application informatique développée par et propriété de GIAL.(1)
Un deuxième audit amène la Ville à porter plainte contre les deux patrons de GIAL et deux employés de Fourwin, leur réclamant 7 millions€ !
2008 : Le 17 mars, le CA engage Jean-Marc Goeders comme nouveau directeur général, avec également un salaire important de 1.250€ par jour et un contrat de faux indépendant. (7)
Karine Lalieux (PS), présidente du CA, a présenté le contrat pour accord au CA composé, notamment, de Faouzia Hariche (PS), Christian Ceux (CDH), Philippe Close (PS). (6)
2015 : En février, GIAL engage un ancien journaliste du Soir, Fabrice Voogt. Mais celui-ci ne travaillera pas pour GIAL mais pour Yvan Mayeur, en tant que "responsable de la Cellule Communication de Ville de Bruxelles". (5)
Au cours du même CA, GIAL engage l'adjointe de F. Voogt à la Cellule communication de la Ville de Bruxelles. Il s'agit de la fille de Serge Vilain, directeur depuis 27 ans de la SRIB et épinglé en 2018 pour ses rémunérations excessives (avec 3 autres directeurs, ils se partagent 1,3Mio€ par an) (5)
Ces deux décisions sont prises à l'unanimité du CA moins l'abstention de Didier Wauters (CDH). Le CA comprenait à l'époque (depuis le 27 avril 2014) entre autres, Mohamed Ouriaghli (président), Geoffroy Coomans de Brachène (échevin MR),
2016 : En décembre, le directeur général de GIAL, Yves Vander Auwera, est écarté suite à un nouvel audit mais non licencié. (5)
2017 : Fabrice Voogt quitte GIAL pour être recruté par une autre asbl de Bruxelles-Ville (Propsport) pour devenir, en juillet, le porte-parole du CPAS… (5)
En décembre, GIAL casse le contrat avec la sprl Alter Via. A cette époque, le directeur-consultant touchait 1.000€ par jour. Quelques jours auparavant, il avait mis fin au contrat de Yves Vander Auwera.
2018 : En février, Michel Leroy, consultant-directeur est toujours présent dans l'organigramme de l'asbl.
Le 16 février, la RTBF révélait (4) que deux autres contrats étaient mis en cause par l'audit. Le premier (100.000€) a été passé « en urgence », donc en entente directe, avec la société SUNDARI pour sécuriser les données et le matériel de GIAL. Les auditeurs contestent l'urgence, la mission de SUNDARI s'étant étalée sur un an.
Il apparaît que le salaire de F. Voogt a été remboursé intégralement par la Ville à GIAL. Alors pourquoi l'avoir fait recruter par GIAL ? Selon Le Vif qui cite « un proche du dossier », « son engagement n'aurait pas été accepté par le conseil communal bruxellois ».

De 2006 à 2012, le CA de GIAL a vu passer (6) Philippe Close (PS), Karine Lalieux (PS, présidente du CA de 2006 à 2012), Faouzia Hariche (PS), Christian Ceux (CDH), Yvan Mayeur (PS), Mohamed Ouriaghli (PS, président du CA depuis 2013 en remplacement de Karine Lalieux). Aucun n'a trouvé à redire quant aux rémunérations et aux statuts de faux indépendants.

Et pour terminer, une question : pourquoi créer une asbl pour gérer l'informatique alors qu'il existe déjà le CIRB régional?

 

Sources :
(1) RTBF 17-02-2018
(2) Le Vif 20-03-2018
(3) RTBF 16-02-18
(4) RTBF 16-02-18
(5) RTBF 19-02-2018
(6) Moniteur Belge
(7) RTBF 22-02-18

 

Helpdesk

Maxime

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